Rédigé par Sérine Saadi (AJAF)
Le 5 juin dernier s’est tenue la Journée mondiale de l’environnement, organisée sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).
À cette occasion, plusieurs travaux récents ont rappelé que le changement climatique n’est pas seulement un enjeu environnemental : il constitue également un enjeu de santé publique, notamment en allergologie.
Des saisons polliniques plus précoces et plus intenses
Selon le rapport 2026 du Lancet Countdown Europe on Health and Climate Change, l’augmentation des températures modifie le cycle de floraison de nombreuses plantes allergisantes.
Les saisons polliniques de plusieurs arbres allergisants débutent désormais une à deux semaines plus tôt qu’au cours des années 1990. Dans certaines régions européennes, une augmentation de l’intensité des saisons polliniques du bouleau et de l’aulne ainsi qu’un allongement des périodes d’exposition ont également été observés.
Plus de pollen, potentiellement plus allergisant
Dans son Technical Brief publié en 2025, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) souligne que l’augmentation des températures et des concentrations atmosphériques de CO₂ favorise une production plus importante de pollen.
L’OMS rapporte également que ces modifications environnementales pourraient accroître le potentiel allergisant de certains pollens, augmentant ainsi l’exposition des patients aux allergènes respiratoires.
Des conséquences déjà observables sur la santé respiratoire
Le Lancet Countdown Europe rapporte un impact croissant sur la santé respiratoire, avec une aggravation des symptômes de rhinite, de rhinoconjonctivite et d’asthme allergiques, observée dans plusieurs régions européennes.
L’exemple de l’asthme d’orage
L’OMS rappelle également que certains phénomènes météorologiques extrêmes, comme les orages, peuvent favoriser des épisodes d’« asthme d’orage ».
Bien que le mécanisme exact reste débattu, il est actuellement supposé que les grains de pollen se fragmentent lors des orages en particules microscopiques capables de pénétrer profondément dans les voies respiratoires. Ces épisodes peuvent déclencher des crises d’asthme, y compris chez des personnes habituellement connues uniquement pour une rhinite allergique aux pollens.
Dans un article publié dans le JAMA en 2024, Paul Beggs rappelle que l’épidémie d’asthme d’orage survenue à Melbourne en 2016, dans un contexte de concentrations exceptionnellement élevées de pollen d’ivraie (ryegrass), a entraîné :
+672 % de passages aux urgences pour symptômes respiratoires
+992 % d’hospitalisations pour asthme
35 admissions en réanimation
10 décès en seulement 30 heures
À retenir
Le changement climatique modifie déjà l’environnement allergénique :
Températures en hausse
Production de pollen augmentée
Saisons polliniques plus précoces et plus longues
Potentiel allergisant des pollens possiblement accru
Aggravation des maladies allergiques respiratoires
Risque d’épisodes d’asthme d’orage
Ces données rappellent que les enjeux environnementaux sont également des enjeux de santé et qu’ils occupent une place croissante dans la compréhension et la prise en charge des maladies allergiques.
Sources
Beggs PJ. Thunderstorm Asthma and Climate Change. JAMA, 2024.
Lancet Countdown Europe 2026 Report on Health and Climate Change
Organisation mondiale de la Santé (OMS). Climate Change, Air Pollution, Pollen and Allergic Disease. Technical Brief, 2025.
